Le moteur travaille en deux temps

La plupart des sélecteurs additionnent des points et affichent le total le plus élevé. Le problème est connu : un appareil peut cumuler assez de points pour finir premier tout en étant incapable de rafraîchir votre pièce. Un bon score ne compense pas une puissance insuffisante.

Premier temps, l'élimination. Une règle écarte un climatiseur sans appel : une puissance trop faible pour la pièce décrite. Un appareil sous-dimensionné ne rafraîchit jamais vraiment, il tourne en continu sans atteindre la consigne. Aucune qualité par ailleurs ne rattrape cela.

Second temps, le classement. Les appareils restants sont notés sur la justesse de leur puissance, leur silence, leur sobriété et leur encombrement au sol. La note pondère des caractéristiques mesurées, jamais un avis.

À côté de l'élimination, trois réserves n'écartent rien mais s'affichent avec l'appareil concerné : un niveau sonore trop élevé pour la pièce déclarée, une puissance nettement supérieure au besoin, et la rupture de stock. Vous voyez l'appareil, et vous voyez sa contrepartie.

Trop puissant est un défaut, pas une qualité

C'est le point le moins intuitif de ce moteur, et celui qui change le plus de choses. Face au doute, on est tenté de prendre le modèle le plus puissant : au pire il en fera trop, se dit-on. C'est faux.

Un climatiseur surdimensionné atteint la température de consigne très vite, s'arrête, puis redémarre quelques minutes plus tard. Ces cycles courts consomment plus qu'un fonctionnement régulier, usent le compresseur, et surtout déshumidifient mal : l'appareil n'a pas le temps de sécher l'air, et la pièce reste moite malgré une température correcte. C'est pourquoi la note de puissance de ce moteur est maximale quand l'appareil colle au besoin, et redescend au-delà.

Le calcul de ce besoin part de la surface, puis l'ajuste par la hauteur sous plafond, l'exposition, l'isolation, la présence de combles, les surfaces vitrées et le nombre d'occupants. C'est la même méthode que notre calculateur de puissance, appliquée cette fois à tout le catalogue.

Le bruit annoncé n'est pas celui que vous entendrez

Les fiches mettent en avant le niveau le plus bas, mesuré à la vitesse la plus basse, et mélangent deux grandeurs : la pression acoustique, le bruit perçu dans la pièce, et la puissance acoustique, ce que l'appareil émet au total, plus haute de 15 à 20 dB. Le De'Longhi PACEX93 publie 42 à 46 dB de pression et 60 dB(A) de puissance : ce n'est pas un écart entre la nuit et le plein régime, ce sont deux mesures. Pour une chambre, c'est la pression à la vitesse la plus haute qui compte, les jours de forte chaleur, précisément quand l'appareil sert.

Le moteur retient donc le maximum, jamais le mode nuit, et le confronte à la pièce que vous déclarez : 45 dB dans une chambre, 50 dans un bureau où il faut pouvoir téléphoner, 55 dans un séjour. Sur notre catalogue, un seul des neuf climatiseurs dont le niveau sonore est documenté tient sous 45 dB en fonctionnement maximum, et la médiane s'établit à 64 dB. Un climatiseur mobile vraiment silencieux reste donc l'exception : autant le savoir avant d'en installer un dans une chambre.

Si aucun appareil ne convient, la réponse n'est pas d'en chercher un autre

À partir d'une trentaine de mètres carrés plein sud, ou d'une quarantaine dans de bonnes conditions, le moteur n'affiche plus rien. Ce n'est pas une défaillance de la sélection : c'est la limite du climatiseur mobile. Au-delà d'environ 14 000 BTU, ce format n'existe pratiquement plus, parce qu'un seul groupe posé au sol avec une gaine d'évacuation par la fenêtre ne peut pas traiter davantage.

Dans ce cas, deux voies existent, et aucune ne consiste à prendre le plus gros mobile du marché en espérant que ça passe : installer deux appareils dans la pièce, ou passer à un split fixe, posé par un professionnel. Le moteur propose bien de relâcher un critère pour débloquer des résultats, mais gardez en tête qu'on ne relâche pas la surface de sa pièce : ce chiffre-là est un fait, pas une préférence.

Ce que le moteur ne fait pas

Il ne couvre que la climatisation. Le site compte sept rayons, mais la climatisation est le seul où une caractéristique décisive est connue sur toutes les fiches. Ailleurs, il n'y aurait rien pour éliminer, et un classement sans élimination n'est qu'un tri déguisé.

Il ne teste pas les appareils. Il raisonne sur des caractéristiques annoncées par les constructeurs. Il ne mesure pas une température sur une journée de canicule, ne juge pas la qualité d'une télécommande.

Il ne compare pas les tarifs. Aucun montant n'est affiché ni figé sur le site, car ils changent en permanence.

Il ne comble pas les trous. Quand une caractéristique manque au catalogue, elle reste manquante et le moteur le signale au lieu de deviner. Un appareil dont le niveau sonore n'est pas documenté n'est jamais accusé d'être bruyant.