En bref
- 2 300 W sur 11 ailettes, avec trois allures publiées : 1 000, 1 300 et 2 300 W.
- Deux détails de sécurité rares : bords arrondis et dosseret de protection à l'arrière, là où la plupart des modèles laissent les ailettes nues des deux côtés.
- Commande rotative mécanique, plage de 5 à 35 °C : rien d'électronique à tomber en panne.
- Arrêt automatique annoncé au choc et à la surchauffe.
- ⛔ Le circuit « en arête de poisson » annoncé modifie la répartition de la chaleur, pas le rendement : il est de 100 % pour tous les radiateurs électriques.
Bords arrondis et dosseret : deux détails que presque personne n'a
Sur un radiateur à bain d'huile, les ailettes sont la surface chaude, et elles sont le plus souvent accessibles sur les deux faces et sur les tranches. Deux détails de conception de ce modèle méritent d'être relevés parce qu'ils sont rares sur ce rayon.
Les bords arrondis d'abord. Les tranches d'un bain d'huile sont des arêtes de tôle emboutie : à la fois chaudes et vives, elles sont exactement ce que rencontre une main qui se rattrape ou un genou d'enfant. Un rayon généreux sur ces bords ne supprime pas la chaleur, mais il retire la coupure.
Le dosseret de protection ensuite, c'est-à-dire un panneau fermant la face arrière. Son intérêt est double : il empêche le contact direct avec les ailettes du côté par lequel on pousse l'appareil, et il canalise la convection vers le haut plutôt que de la laisser s'échapper vers le mur. Sur un radiateur posé à vingt centimètres d'une cloison, cela change la façon dont l'air chaud remonte dans la pièce.
Ces deux éléments ne remplacent aucune règle d'usage : il faut toujours laisser une cinquantaine de centimètres devant l'appareil, ne rien poser dessus, et le tenir à distance des rideaux. Mais ils améliorent concrètement la cohabitation dans une pièce occupée, et aucune autre fiche de notre sélection ne les mentionne.
Une commande rotative mécanique : un choix défendable
Face aux modèles à écran et télécommande, une simple molette peut passer pour un équipement au rabais. C'est un arbitrage, et il a de bons arguments.
Un thermostat mécanique régule à deux ou trois degrés près, là où un thermostat électronique tient le demi-degré. Sur un chauffage d'appoint, cet écart est peu perceptible, parce que l'inertie de l'huile lisse déjà largement les variations : la température de la pièce bouge moins que la consigne de l'appareil.
Il émet en revanche un petit claquement à chaque cycle, toutes les quinze à trente minutes selon la consigne et l'isolation. Ce bruit n'est pas gênant dans la journée et peut se remarquer la nuit dans une chambre très silencieuse.
Son avantage est ailleurs, et personne ne le mentionne : il n'y a rien d'électronique à tomber en panne. Sur ce type d'appareil, la panne qui condamne n'est presque jamais mécanique, le circuit d'huile est scellé et ne s'use pas, mais électronique : une carte de commande ne se remplace pas pour une somme raisonnable. Un appareil à molette, lui, se résume à une résistance, un bilame et un interrupteur.
La plage de cinq à trente-cinq degrés est large, et le réglage bas mérite une mention : cinq degrés n'est pas une consigne de confort mais une position hors-gel, utile dans un garage, une cave aménagée ou une pièce inoccupée dont on veut protéger les canalisations.
Trois allures : 1 000, 1 300 et 2 300 watts
La fiche publie ses trois allures, ce qui n'est pas si courant, et leur répartition est intéressante : mille, mille trois cents et deux mille trois cents watts.
L'écart entre les deux premières est faible, trois cents watts, et c'est voulu : ces deux allures servent à tenir une température déjà atteinte, en compensant les pertes de la pièce. Mille watts conviennent à une pièce bien isolée, mille trois cents à une pièce plus exposée. La troisième allure, elle, sert à monter en température.
La bonne pratique découle de cette lecture : pleine puissance à l'allumage, puis bascule sur l'allure basse adaptée à la pièce une fois la consigne atteinte. Cela donne des cycles longs ou même un fonctionnement continu à basse puissance, qui est le régime le plus confortable : la température ne varie presque plus et les ailettes restent tièdes.
Un appareil sans allures réglables ne sait faire que la première moitié de ce travail. Il chauffe à pleine puissance, coupe, refroidit, repart : la température de la pièce oscille autour de la consigne, et les ailettes passent de brûlantes à froides.
Deux mille trois cents watts, enfin, correspondent à un volume d'environ cinquante-sept mètres cubes selon le repère de quarante watts par mètre cube, soit vingt-trois mètres carrés sous un plafond de deux mètres cinquante.
Le circuit « en arête de poisson » : ce qu'il change et ce qu'il ne change pas
Midea annonce une technologie Arrowfly avec un circuit d'huile en arête de poisson, présentée comme assurant une « efficacité thermique optimale ». Il faut distinguer ce qui est plausible de ce qui ne peut pas l'être.
Ce qui est plausible : la géométrie du circuit interne influence la façon dont l'huile chaude circule par convection naturelle entre les ailettes. Un circuit bien dessiné répartit la chaleur plus uniformément sur l'ensemble du corps et peut réduire le temps de montée en température. C'est un gain de confort, et il est mesurable.
Ce qui ne peut pas l'être : un gain de rendement. Une résistance électrique immergée dans de l'huile restitue cent pour cent de l'énergie électrique qu'elle absorbe, sous forme de chaleur, dans la pièce. Il n'existe aucune perte à récupérer : ni fumées, ni fluide qui s'échappe, ni frottement. Aucune géométrie de circuit, aucun nombre d'ailettes, aucune « technologie » ne peut donc améliorer un rendement déjà total.
Cette distinction compte pour l'acheteur, parce qu'elle sépare les arguments à prendre au sérieux de ceux qu'il faut ignorer. Une annonce qui parle de répartition et de vitesse de chauffe décrit quelque chose de réel. Une annonce qui parle d'efficacité énergétique ou de faible consommation sur un radiateur électrique décrit quelque chose qui n'existe pas, et trois fiches de notre sélection le font.
Points forts et limites
On aime
- Bords arrondis et dosseret de protection : deux détails de sécurité rares sur ce rayon
- Trois allures publiées, dont deux rapprochées pour tenir une température
- Commande mécanique : rien d'électronique à tomber en panne
- Plage de 5 à 35 °C avec position hors-gel
- Arrêt automatique annoncé au choc et à la surchauffe
À surveiller
- Le circuit « arête de poisson » est présenté comme une efficacité thermique : il améliore la répartition, pas le rendement
- Thermostat mécanique : régulation à deux ou trois degrés et claquement à chaque cycle
- Ni programmation ni affichage de température
- Ni volume, ni surface, ni masse publiés
Face aux concurrents
Face aux modèles de puissance voisine, ce Midea se distingue par deux protections physiques que personne d'autre n'annonce, et reste en retrait sur la programmation.
| Critère | Midea NY2311-25U | Aigostar Oil Monster 2500 W | Taurus New Dakar 2500 |
|---|---|---|---|
| Puissance | 2 300 W annoncés | 2 500 W annoncés | 2 500 W annoncés |
| Niveaux | 1 000, 1 300 et 2 300 W | 2 500, 1 500, 1 000 W et mode ECO | 4 puissances au sélecteur en façade |
| Éléments | 11 ailettes | 13 ailettes, tubes en double U | 11 |
| Sécurité | arrêt automatique au choc et à la surchauffe, bords arrondis, dosseret de protection | protection contre la surchauffe et anti-basculement | protection contre la surchauffe, voyant de fonctionnement |
Verdict par usage
- OuiPièce de 20 à 23 m² 2 300 W couvrent environ 57 m³, et les trois allures permettent de tenir la température.
- OuiPièce où l'on circule bords arrondis et dosseret : les deux surfaces de contact les plus exposées sont traitées.
- OuiAppareil destiné à durer commande mécanique, donc pas de carte électronique à condamner l'appareil.
- NonChambre à programmer pas de minuterie : il faut l'allumer une demi-heure avant d'en profiter.
Caractéristiques
| Puissance | 2 300 W annoncés |
|---|---|
| Niveaux | 1 000, 1 300 et 2 300 W |
| Éléments | 11 ailettes |
| Plage de thermostat | 5 à 35 °C, commande rotative mécanique |
| Sécurité | arrêt automatique au choc et à la surchauffe, bords arrondis, dosseret de protection |
| Circuit annoncé | Arrowfly, circuit d'huile en arête de poisson |
Pour qui
Pour une pièce de 20 à 23 m² où l'on circule, et pour qui préfère un appareil simple et réparable à un appareil programmable. Les bords arrondis et le dosseret sont les deux seules protections physiques annoncées de toute notre sélection.
Conseils d'achat
- Utilisez les trois allures comme prévu : 2 300 W pour monter, 1 000 ou 1 300 W pour tenir.
- La position 5 °C est une consigne hors-gel, pas une consigne de confort : elle sert pour un garage ou une pièce inoccupée.
- Laissez une cinquantaine de centimètres devant l'appareil malgré le dosseret : il canalise la convection, il ne la supprime pas.
- Ne comptez pas sur le circuit « arête de poisson » pour consommer moins : c'est la consigne qui décide.
- Branchez-le seul sur une prise murale, jamais sur une multiprise.



