En bref

  • IPX4 annoncé : le seul appareil de notre sélection à publier un indice de protection contre l'eau, et donc le seul admis dans le volume 2 d'une salle de bains.
  • Fixation murale et tête inclinable : il ne se renverse pas, et il ne prend pas de place au sol.
  • 1 200 W sur deux paliers (600 et 1 200 W), 12 m² annoncés : la plus faible puissance du rayon, et c'est cohérent avec l'usage.
  • Au repère de 40 W/m³, 1 200 W couvrent 30 m³, soit 12 m² sous 2,50 m : l'annonce tombe juste.
  • 5,2 A en continu seulement, contre 10,4 pour les appareils de 2 400 W : il tient sur un circuit chargé.

IPX4 : ce que l'indice signifie, et pourquoi il est si rare ici

Nous avons relevé 89 annonces de chauffage dans notre réserve de produits. Trois publient un indice IP. Douze portent « salle de bain » dans leur titre. Cet appareil est l'un des trois, et c'est le seul de notre sélection.

L'indice IP se lit en deux chiffres : le premier décrit la protection contre les corps solides, le second contre l'eau. Un X à la place du premier chiffre, comme ici, signifie que le fabricant ne déclare rien sur ce point, ce qui est courant et sans conséquence pour l'usage domestique. Le chiffre qui compte est le second.

Le 4 de IPX4 désigne la protection contre les projections d'eau venant de toute direction, c'est-à-dire l'essai normalisé où l'appareil est aspergé sous tous les angles. Ce n'est ni l'étanchéité à l'immersion, ni la résistance à un jet sous pression : c'est exactement la situation d'une paroi de douche qui éclabousse.

Et c'est précisément le niveau que la norme NF C 15-100 exige dans le volume 2 d'une salle de bains. Cette norme découpe la pièce en zones : le volume 0 est l'intérieur de la baignoire ou du receveur, le volume 1 l'espace au-dessus jusqu'à 2,25 m du sol, le volume 2 une bande de soixante centimètres autour des deux précédents. Au-delà, on est hors volume.

La conséquence est simple à énoncer et c'est ce qui fait entrer cet appareil dans notre sélection : il est le seul dont le fabricant écrive noir sur blanc qu'il supporte les projections d'eau. Les neuf autres peuvent très bien y résister, nous n'en savons rien, et c'est tout le problème. Un indice absent n'est pas un indice bas : c'est une absence de réponse, et sur une question de sécurité électrique elle se traite comme un refus.

Fixation murale : l'avantage qu'on ne voit pas au catalogue

Huit des dix appareils de notre sélection se posent au sol. Celui-ci se fixe au mur, et dans une salle de bains cela change trois choses à la fois.

Il ne se renverse pas. C'est le défaut structurel des soufflants légers du rayon : un appareil de 880 grammes ou d'un kilo tombe d'un coup de pied dans son câble, et sa coupure au basculement n'agit qu'après la chute. Dans une pièce d'eau où le sol est mouillé et où l'on se déplace pieds nus, un appareil fixé en hauteur retire purement et simplement ce risque.

Il ne prend pas de place au sol. Une salle de bains française moyenne fait quatre à six mètres carrés, et le sol y est déjà occupé. Un appareil posé au sol y est dans le passage, et c'est ce qui le fait finir dans un placard.

Il souffle d'en haut. L'air chaud monte : un soufflant posé au sol envoie sa chaleur dans un plan qui remonte aussitôt vers le plafond, et la pièce se stratifie. Depuis une position haute avec une tête inclinable, le flux se dirige vers la zone où l'on se tient, ce qui est plus efficace pour la sensation de chaleur à puissance égale.

Il faut en revanche énoncer les deux contraintes de l'installation, et elles sont sérieuses. La hauteur de pose d'abord : dans une salle de bains, le volume 1 s'étend jusqu'à 2,25 m au-dessus du sol, et il n'admet pas un appareil de chauffage ; on se place donc en volume 2, c'est-à-dire à plus de soixante centimètres de la douche. L'alimentation ensuite : un appareil fixé au mur alimenté par un cordon et une prise suppose une prise à proximité, elle-même soumise aux règles de la norme : pas de prise dans les volumes 0, 1 et 2 hormis les cas particuliers du rasoir. Dans une pièce d'eau, cette question se règle avant l'achat, et au besoin avec un électricien.

Mille deux cents watts : la plus faible puissance du rayon, et c'est voulu

Avec 1 200 W, cet appareil est le moins puissant de notre sélection, où sept modèles affichent 2 000 W et deux 2 400. L'écart appelle une explication, parce qu'il pourrait passer pour une faiblesse et qu'il est en réalité cohérent.

Les 12 m² annoncés résistent au calcul : au repère de 40 watts par mètre cube, 1 200 W couvrent 30 m³, c'est-à-dire exactement 12 m² sous un plafond de 2,50 m. C'est la troisième annonce juste de notre sélection, après le Taurus et le Bestron.

Or une salle de bains française fait rarement plus de six mètres carrés, soit quinze mètres cubes. Mille deux cents watts y représentent 80 watts par mètre cube, soit le double de notre repère de confort : l'appareil est largement dimensionné pour cet usage, et le palier de 600 W suffira le plus souvent.

La faible puissance a une seconde conséquence, et elle est décisive dans une pièce d'eau : 5,2 ampères en continu seulement. Les appareils de 2 400 W du rayon en tirent 10,4, ce qui ne laisse presque rien sur un circuit protégé par un disjoncteur de seize ampères. Avec 5,2 A, un sèche-cheveux branché en même temps dans la même pièce ne fait pas forcément sauter le disjoncteur.

Ce que la puissance ne permet pas, en revanche, il faut le dire : cet appareil ne chauffera pas un salon, et il mettra plus longtemps qu'un 2 400 W à réchauffer une chambre. C'est un appareil de pièce humide et petite, et son dimensionnement le dit.

La tête inclinable, et comment on règle un soufflant mural

La tête de cet appareil s'incline, ce qui est la contrepartie nécessaire d'une installation fixe : un appareil posé au sol se tourne à la main, un appareil vissé au mur ne se tourne plus. Le réglage se fait donc à l'installation, et il mérite deux minutes de réflexion plutôt qu'un coup de tournevis.

La règle de base est de viser la zone où l'on se tient, pas le milieu de la pièce. Dans une salle de bains, cette zone est l'espace devant le lavabo et la sortie de douche, et le flux doit l'atteindre à hauteur de corps, ni dans les jambes, ni au-dessus de la tête.

La seconde règle découle de la physique de l'air chaud : il monte. Un flux dirigé horizontalement depuis une position haute remonte en s'éloignant, et la chaleur se retrouve au plafond. Une légère inclinaison vers le bas compense cette remontée et amène le flux là où il sert. C'est tout l'intérêt de la tête orientable.

La troisième concerne ce qu'il ne faut pas viser : un rideau de douche, qui battrait dans le flux ; un porte-serviettes garni, dont le textile se retrouverait devant un jet chaud ; un miroir, qui ne gagne rien à être chauffé par un côté. Un soufflant n'a aucune inertie, et un textile placé dans son flux chauffe en quelques secondes.

Dernier point de bon sens : le réglage se vérifie une fois l'appareil en fonctionnement, pas sur le papier. Allumez, mettez-vous à l'endroit où vous vous tenez d'habitude, et corrigez l'inclinaison si le flux passe à côté.

Un appareil pour pièce humide : les règles propres à cette pièce

L'indice IPX4 règle une question, pas toutes. Il dit que l'appareil supporte les projections d'eau ; il ne dispense d'aucune des règles qui valent dans une pièce d'eau, et elles sont précises.

L'implantation, d'abord. Hors du volume 1, donc jamais au-dessus de la baignoire ou de la douche, et pas dans le volume 0 qui est leur intérieur. En volume 2, c'est-à-dire au-delà de soixante centimètres de ces équipements, IPX4 est l'indice minimal exigé et cet appareil le publie. En cas de doute sur la géométrie de la pièce, l'avis d'un électricien coûte moins qu'une remise en conformité.

Le circuit, ensuite. La NF C 15-100 impose depuis longtemps que les circuits d'une salle de bains soient protégés par un différentiel de 30 mA. Dans un logement ancien, cela se vérifie au tableau avant d'installer quoi que ce soit dans cette pièce, c'est ce dispositif qui coupe en cas de défaut, et non le disjoncteur de calibre.

La liaison équipotentielle, enfin, qui est le point que personne ne connaît : dans une salle de bains, toutes les masses métalliques (canalisations, huisseries, bonde, structure de baignoire) doivent être reliées entre elles et à la terre. C'est une exigence de l'installation, pas de l'appareil, et elle existe précisément parce qu'une pièce d'eau est l'endroit du logement où un défaut électrique est le plus dangereux.

Vient ensuite la règle commune à tous les soufflants : rien devant la grille, et vingt centimètres dégagés derrière pour l'aspiration. Dans une salle de bains, la tentation est une serviette : elle se réchauffe sur un sèche-serviettes, jamais devant un soufflant.

Un dernier mot sur ce que l'indice ne couvre pas : IPX4 protège des projections, pas de l'immersion ni d'un jet de douchette dirigé droit sur l'appareil. On ne rince pas une salle de bains au jet avec son chauffage en place, et on ne le nettoie pas à l'éponge sans l'avoir débranché.

Points forts et limites

On aime

  • IPX4 annoncé : le seul appareil de notre sélection admis en volume 2
  • Fixation murale : il ne se renverse pas et ne prend pas de place au sol
  • Tête inclinable : le flux se dirige vers la zone où l'on se tient
  • 12 m² annoncés, ce qui tombe juste au repère de 40 W/m³
  • 5,2 A en continu : il tient sur un circuit déjà chargé

À surveiller

  • 1 200 W : la plus faible puissance du rayon, inadaptée à une grande pièce
  • Installation fixe : l'orientation se décide une fois, au montage
  • L'alimentation en pièce d'eau se règle avant l'achat, au besoin par un électricien
  • Pas de minuterie ni d'affichage de température

Face aux concurrents

Face aux appareils que le rayon vend pour la salle de bains sans publier d'indice, ce Nedis est le seul dont la protection contre l'eau soit écrite par le fabricant.

CritèreNedis HTBA10GYRowenta Intense Comfort Aqua SO6550Cecotec Ready Warm 9790 Force
Puissance1 200 W annoncés2 400 W annoncés2 000 W annoncés
Paliers600 et 1 200 W1 000, 1 400 et 2 400 W1 000 et 2 000 W
Surface annoncéejusqu'à 12 m²jusqu'à 40 m²jusqu'à 15 m²
Protection eauIPX4 annoncé--

Verdict par usage

  • OuiSalle de bains, volume 2 IPX4 publié : c'est le seul appareil de notre sélection dans ce cas.
  • OuiSalle d'eau de 4 à 6 m² 1 200 W y représentent le double de notre repère de confort.
  • NonVolume 1, au-dessus de la douche aucun chauffage n'y a sa place, quel que soit son indice.
  • NonChambre ou salon de plus de 15 m² 1 200 W couvrent 30 m³, soit 12 m² sous plafond standard.

Caractéristiques

Puissance1 200 W annoncés
Paliers600 et 1 200 W
Surface annoncéejusqu'à 12 m²
Protection eauIPX4 annoncé
Installationfixation murale, tête inclinable

Pour qui

Pour une salle de bains ou une salle d'eau, c'est-à-dire l'usage que neuf appareils de ce rayon revendiquent sans pouvoir l'appuyer. La fixation murale retire le risque de renversement dans une pièce où le sol est mouillé, et les 1 200 W suffisent largement aux quatre à six mètres carrés d'une salle d'eau française.

Conseils d'achat

  • Posez-le hors du volume 1 et à plus de soixante centimètres de la douche ou de la baignoire : IPX4 est l'indice minimal du volume 2, pas un passe-droit pour le volume 1.
  • Vérifiez au tableau que les circuits de la pièce sont protégés par un différentiel de 30 mA avant toute installation.
  • Réglez l'inclinaison avec l'appareil en marche, en vous plaçant là où vous vous tenez d'habitude : un flux horizontal remonte au plafond.
  • Ne le dirigez ni vers un rideau de douche ni vers un porte-serviettes garni : un soufflant n'a aucune inertie.
  • Débranchez-le avant tout nettoyage : IPX4 protège des projections, pas d'un jet dirigé ni d'une éponge.